La réclusion de l'atelier et l'intime des réalisations

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 Diplôme des Beaux-Arts de St Etienne en 1990 et du CREAR en 1995
 
Affiliée à la Maison Des Artistes
Siret : 408 220 788 00025


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  A CORPS
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 Dans mon travail, je parle du corps et de son impact visuel.

 Il a été et sera toujours, je pense, mon unique thème, inscrit comme des réminiscences, des reliquats d'une impression ou d'une image ancienne, sans cesse décortiquée.
Cette représentation du corps fait naître une reconnaissance du "je"... je suis, et par transposition du "nous"... nous sommes.

 Je ne parle pas de beauté comme idéale esthétique, mon propos n'est pas là. Il n'y a pas d'idéalisation du nu, juste une piste à suivre par instinct.
Pour moi, la beauté n'existe que par notre vision conjuguée à des instants de grâce, de questionnement, d'inaccessibilité, de dualité et de sacré propre à chacun.
Mais on ne peut s'oublier dans cette vision frontale, car mon travail est comme un miroir qui renvoie à l'infini. Miroir de rêves, de phantasmes et d'obsessions magnifiées, juste là pour séduire, fasciner, interpeller, critiquer ou révéler...

 Je présente donc mes femmes, dans leurs impudences impassibles et silencieuses, passant d'une pose à une autre comme dans une danse de Bûto ou une chorégraphie de Xavier Leroy.

 Malgré cette impassibilité affichée, je suis allée les chercher, je les ai aimées, détestées, elles m'ont donné le sourire, ou la nausée, je me suis réconciliée. J'ai dansé avec elles, je les ai embrassées, caressées, je les ai combattues...
Maintenant, ce sont elles qui viennent vous chercher, vous bousculer.
Pour d'autres raisons que les miennes, vous allez les aimer ou les détester, les contourner ou vous détourner, les nier ou les accepter... et peut-être les possèder...

 En tout cas, elles sont l'expression d'une valeur primaire fondamental, celle d'exister et de nous faire exister.


      Annie Berthet